« Je n’étais pas prête à vivre tout ça ! »

Want create site? Find Free WordPress Themes and plugins.
Déjà qualifiée pour les Mondiaux grâce à ses 71,71m de Las Palmas (au mois de mars), Alexandra Tavernier compte bien fracasser le mur des 70 mètres mercredi à Tomblaine. Photos Alexandre MARCHI

Tombée en dépression lannée des Jeux, après avoir essuyé le contrecoup des Mondiaux de Pékin et un changement de vie total, Alexandra Tavernier a mis un an à remonter la pente. Confessions sans filtre…

Après un jet très prometteur (aux environs de 72,50m)… à l’échauffement, Alexandra Tavernier est, certes, encore restée sur sa faim  samedi, à Lille, aux Championnats d’Europe par équipes (4e avec 69,40m). Mais la médaillée de bronze des Mondiaux de Pékin  (2015) veut voir plus  loin (dès ce mercredi à Nancy ?). Et surtout définitivement tourner la page sur une année noire…

Alexandra, que retenez-vous de votre week-end ?

Ça a été une compétition géniale dans le sens où l’engagement était présent, comme la spontanéité, l’insouciance. Je réalise 69,40m en tapant (au sol)  au dernier  tour. Je perds donc facilement trois mètres. La perf’, elle-même, est certes loin d’être satisfaisante pour un Championnat d’Europe que j’abordais en espérant faire un podium voire une première place. Par contre, des choses se sont débloquées dans ma tête. Ce qui est  le  plus  important. Aujourd’hui, je suis donc, c’est vrai, en dessous des performances qui pourraient me faire accéder à une grande finale. Mais je sais que je serai prête le jour J. Je n’ai aucun doute là-dessus !

Tout semble donc aller pour le mieux. Ce qui n’était pas forcément le cas il y a quelques mois. Avez-vous aujourd’hui  l’impression que Pékin vous a fait autant de mal que de bien ?

Tout à fait . Cette médaille (NDLR : De bronze) avec un record de France (74,39m) à la clef, a été une expérience inoubliable, fabuleuse. Mais aussi assez destructrice, dans le sens où je ne m’étais pas préparée psychologiquement à assumer tout ce qu’il y avait derrière…

C’est-à-dire ?

Un nouveau statut à défendre. Tu n’es plus la petite nouvelle que personne ne vient embêter. Tu es beau- coup plus attendue. À l’époque, je n’étais pas prête à vivre tout ça !

Avez-vous l’impression d’y avoir laissé une part de votre insouciance ?

J’y ai laissé plus que de l’insouciance (rires). J’y ai laissé ma hargne, ma confiance en moi, de la joie de vivre. Pas mal de choses… À cela se sont ajoutés mon départ de l’INSEP, mon changement de coach (NDLR : Suite à l’arrêt de Walter Ciofani)…

Qui font que vous vous êtes retrouvée en Bretagne, à Lannion, avec Gilles Dupray  (le manager des lancers  chez les  Bleus).  Le meilleur choix ?

On ne peut pas savoir. Retourner avec mon père (NDLR : Christophe, son premier  entraîneur), c’était  revenir  en arrière. Avec Gilles, tout s’était très bien passé jusque-là. Sauf que les  choses se sont révélées beaucoup faciles que je l’imaginais quand je suis arrivée dans une région où je ne connaissais strictement personne. Et là, on peut dire que j’ai eu quelques gros passages à vide.

Vous parlez vous-même de « dépression »…

Je n’ai pas honte de le dire. Quand on l’assume,  c’est beaucoup plus simple. Il y a plusieurs façons d’être dépressive ; je broyais  du noir, j’étais à bout de nerfs. C’était ma façon à moi de crier au secours.

Après l’échec de Londres (11e de la finale avec 65,18m), vous avez également été très touchée par les critiques sur les réseaux sociaux ?

Je les ai prises très à cœur parce que je ne suis pas un robot. En plus, quand vous n’êtes pas bien, ce genre de choses vous touche encore plus. Sans aucune prétention, avec le podium mondial de Pékin, j’ai réalisé à 21 ans ce qu’aucun autre (NDLR : Athlète français) n’avait fait avant moi au même âge. Alors les gens qui ont pu écrire que j’étais une touriste ou je ne sais quoi, j’ai simplement envie de leur dire : faites ce que j’ai fait ! Prenez ma place.

« La nourriture a été mon vice »

Par ailleurs, il vous a aussi fallu résorber quelques petits écarts ?

On essaie souvent de surmonter les moments difficiles par un vice. Moi, la nourriture a été mon vice (NDLR : Après avoir pris 15kg et dépassé les 100kg sur la bascule, elle est aujourd’hui revenue à 92kg avec l’aide  d’une diététicienne). Cette période a été assez dure à gérer mais elle désormais derrière moi. Je ne peux pas dire que je suis comme avant. Mais j’ai aussi gagné en force. Je suis bien meilleure que je ne l’ai été avec les  marteaux lourds. Et je suis aussi revenue plus forte techniquement sur d’autres points.

Et sinon, cette nouvelle vie ?

Les choses se sont bien améliorées. J’ai changé de maison. Je vais en cours (NDLR : A Guingamp, où elle a repris, avec brio, des études de psychologie), j’ai un groupe autour de moi, un cercle d’amis fabuleux et un chien complètement déjanté (elle éclate de rire). Tout va bien !

Recueilli par François VADOT

 

Article de l’Est Républicain

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.